NOTRE MAISON TOUJOURS EN FEU

Par Florence Forest-Bérubé

Je cède aujourd’hui l’espace de mon blogue à ma fille Florence, 30 ans.
Je suis touché par son texte et très fier d’elle.

Jacques Bérubé

En 2019, Greta Thunberg nous mettait en garde: OUR HOUSE IS ON FIRE. Nous avons réagi. Fortement. Brièvement. Comme trop souvent! Nous nous sommes dit: ça y est, les choses vont changer. Puis, Noël est arrivé. On a acheté des cadeaux, on les a emballés, puis déballés, on a « recyclé » pour se donner bonne conscience, puis, on a fait le virage vers 2020.

Que restait-il alors du feu? Il était pris partout en Australie. Alors, on s’est donné une nouvelle mission. Sauvons les koalas, les kangourous et tous les autres. Ça a duré quelques semaines ça aussi. Je suis certaine que plusieurs d’entre vous, comme moi, avez regardé avec tristesse les vidéos d’un des plus beaux pays du monde, ravagé par les flammes. Vous avez sûrement donné quelques dollars à des groupes d’aide aussi. Combien d’entre nous se sont rappelé les paroles de Greta Thunberg à ce moment-là? Peu… Si peu. Et pourtant, le lien pouvait difficilement être plus évident.

Depuis le mois de février, on suit les nouvelles en Chine. Le coronavirus. Ouf… Pauvre peuple chinois, décimé par un virus dont on ignore tout. Et ils sont pris à la maison. Salut Bonjour interviewait des étudiants canadiens pris dans leurs résidences à Wujan. Ils avaient hâte de rentrer à la maison.

But what we all forgot was that… our house was STILL on fire.

Ce qui se passait chez nos voisins chinois, italiens et espagnols a cogné à notre porte il y a quelques jours. Le monde entier est maintenant aux prises avec une pandémie. Si ce n’était que de nous, ça durerait deux semaines. Et comme le reste, on l’oublierait. Mais vous commencez, comme moi, à vous rendre compte que ça va durer plus longtemps que ça. On commence à avoir peur pour nos enfants, pour nos parents, nos collègues. On s’ennuie de nos patrons. Ils ne sont pas toujours commodes, mais les salutations à la machine à café, c’est un bon carburant pour partir la journée.

Alors, on est solidaires, on est beaux, on est grands. Un premier ministre provincial qui devient un véritable chef d’État; des médecins spécialistes qui abandonnent leurs spécialités pour revenir aux soins intensifs, en première ligne, pour aider leurs collègues; des infirmières qui, une fois de plus, acceptent des heures supplémentaires, qui se préparent pour la crise. Des centaines de milliers de parents qui sont à la maison avec leurs enfants, qui leur expliquent ce qui se passe, alors qu’eux mêmes ne comprennent pas. Des professeurs privés de leurs classes, des élèves privés de leurs compagnons, et parfois, malheureusement, d’une pause de la maison. Les gens restent à la maison, les artistes se tournent vers les médias sociaux pour divertir les gens. Des milliers d’entrepreneurs, restaurateurs, éducateurs, artistes, professionnels de la santé se retrouvent sans travail. Tout ça pour notre sécurité. On tente à tout prix de les aider. Oui, on est solidaires, on est beaux, on est grands. Nous allons assurément ressortir gagnants.

Pendant ce temps, la Terre prend un moment de repos, un répit de notre folie. Plus d’avions, plus de pollution, plus de surconsommation… Je nous souhaite de ressortir grandis de cette expérience traumatisante. D’apprendre. Qu’il y ait un avant et un après. Qu’on ne rallume pas le feu qu’un autre drame est en train d’éteindre. Parce que nous avions déjà oublié qu’il fallait le faire. Moi la première.

Florence Forest-Bérubé
florenceforestberube@gmail.com

 

Signons le Pacte pour la transition! Pouvoir citoyen en marche!

J’ai beaucoup de respect pour Lise Bissonnette. Elle est une grande intellectuelle et une très bonne analyste politique qui a donné beaucoup au Québec comme directrice du Devoir puis, de la Grande Bibliothèque. Mais, il peut lui arriver de déraper et de s’enfarger dans les fleurs du tapis. Sa sortie du lundi 12 novembre à l’émission Midi-Info à la radio de la SRC contre Dominic Champagne et le Pacte pour la transition était pitoyable et mesquine. En gros — et grossièrement —, elle disait voir dans cette action un geste mégalomane et unilatéral de Dominic Champagne, omettant de dire que 400 autres artistes et personnalités publiques — comme Hubert Reeves, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations, Janette Bertrand, Richard Desjardins, Normand Baillargeon et plusieurs scientifiques réputés ont co-signé le pacte. Son collègue Yves Boisvert a tenté de tempérer et de défendre — très tièdement — le pacte, se payant la tête du couple Cloutier-Morissette par la même occasion, mais c’était trop peu, trop tard. Du sous-Bissonnette! Et du sous-Radio-Canada. J’espère que Manon Globensky, qui remplaçait ce jour-là Michel C. Auger, a eu un peu honte après ce vaudeville.

Ça m’agresse pas mal les réactions de certaines personnes — comme Lise Bissonnette, mais d’autres moins réputées — qui n’aiment pas — ou sont déstabilisées par — le Pacte pour la transition. D’autres se font forts de se vanter de faire ceci et cela dans leur quotidien pour justifier leur désolidarisation et leur refus de signer le pacte. Ne le signez pas, restez sur vos positions, mais c*** nous patience avec vos scrupules et vos attaques mal dirigées. On est 178 500 à l’avoir signé et on peut continuer sans vous.

Ceci vociféré, j’ai toujours beaucoup de respect pour Lise Bissonnette. Elle a droit comme tout le monde d’être à côté de ses pompes une fois de temps en temps…

Alors que certains comme Lise Bissonnette — il n’est pas trop tard pour changer de position, chère madame — voient le Pacte pour la transition comme une action moralisatrice centrée sur un seul porteur, d’autres, comme Marc Cassivi, le voient comme un défi, qui lui rappelle le Refus global de 1947, dans une chronique parue le 11 novembre. « Si le Pacte était un examen, je n’aurais peut-être même pas la note de passage. Heureusement, le Pacte n’est pas une injonction. C’est un défi. Que l’on peut se lancer à soi-même, si tant est que l’on en ait envie. C’est un très petit pas pour l’homme et surtout pour l’humanité (…) »

Signons ce pacte et partageons-le le plus largement possible. 106 000 signatures ont été recueillies en un peu plus de 24 heures et nous en sommes plus de 180 000 à l’avoir fait après cinq jours. Quand les gouvernements constateront que nous sommes plusieurs centaines de milliers, voire un million de personnes à l’avoir signé, ils seront bien obligés de nous obéir et de prendre des mesures pour contrer le réchauffement climatique, pour respecter la planète et la vie.

Le pacte est une extraordinaire façon de faire valoir le véritable pouvoir citoyen. Et la mobilisation citoyenne d’envergure qu’il génère facilitera la tâche des juristes qui veulent déposer un recours collectif pour forcer les gouvernements du Québec et du Canada à adopter des mesures concrètes pour stopper, notamment, l’insensé et anti-environnemental projet du pipeline Trans Mountain du gouvernement Trudeau.

En marche, citoyennes et citoyens!

Votons progressiste

Dans l’optique où un mouvement populaire se forme en faveur d’un vote progressiste (pour le parti Québécois, là où Québec solidaire n’a aucune chance d’être élu et pour Québec solidaire là où le PQ ne peut espérer la victoire), voici quelques circonscriptions électorales ou un vote progressiste pourrait avoir un résultat concret.

Bien sûr, une telle stratégie est, à court terme, plus avantageuse pour le PQ, qui pourrait faire élire plus de députés, que pour QS, mais cela pourrait tout de même permettre à ce parti de faire élire 8 à 9 députés — ils sont actuellement 3 — au lieu des 5 ou 6 que prévoient tous les sondages. Des comtés comme Jean-Lesage, dans la région de Québec et Maurice-Richard, dans Montréal-Est, pourraient être remportés par QS.

Il peut être difficile pour les sympathisants de QS de voter PQ, après les attaques subies la semaine dernière de la part de Jean-François Lisée, puis par le sinistre Gilles Duceppe, mais reconnaissons que QS ne s’est pas gêné pour attaquer le PQ dans les dernières années (droite, identitaire, raciste, etc). Rappelons-leur aussi que le chef Lisée n’est pas le PQ et que Duceppe est hors-circuit depuis longtemps et qu’il ne joue plus aucun rôle en politique québécoise.

La question cruciale que doivent se poser les militants QS est : Le Québec sera-t-il mieux servi par une opposition qui comporte 7, 8 ou 9 députés solidaires et 22 à 25 députés péquistes issus de deux partis souverainistes qui ont pris des engagements en faveur de l’environnement, de l’éducation, du salaire minimum à 15 $ ou par un plus grand nombre de députés caquistes et libéraux ou peut-être même, si la division du vote progressiste perdure ou s’accentue, par un gouvernement majoritaire dirigé par l’un ou l’autre de ces partis de droite?

Pour chaque candidat PQ ou QS élu, c’est un caquiste ou un libéral de moins au gouvernement!

Les statistiques qui suivent proviennent du site tooclosetocall.ca (beaucoup plus crédible, à mon avis, que Québec125.com)

Comtés que pourrait gagner le PQ si les sympathisants QS votent PQ

POINTE-AUX-TREMBLES (Jean-Martin Aussant, pour le PQ)
PQ : 32,8  CAQ : 30,6  QS : 20,1

SAINT-JÉRÔME (Pour la CAQ, Youri Chassin, « apôtre » de la droite économique)
CAQ : 40,5 PQ : 32,7  QS 13,1

JOLIETTE (Véronique Hivon, pour le PQ)
PQ : 45,9  CAQ : 37  QS : 18

VERCHÈRES
CAQ : 37,9  PQ : 35,5  QS : 12,5

TAILLON
CAQ : 32,6  PQ : 26,9 QS : 17,8

RICHELIEU
CAQ : 38,3  PQ : 28,8  QS : 14

BEAUHARNOIS
PQ : 33,5  CAQ : 31,4  QS : 12,3

JONQUIÈRE
CAQ : 34,2  PQ : 32,8  QS : 16,2

DUBUC
PLQ : 28,2  PQ : 25,7  QS : 15,9

BERTRAND
CAQ : 37,7  PQ : 28,8  QS : 19

ÎLES-DE-LA-MADELEINE
PLQ : 39,2  PQ : 32,6  QS : 17,9

Comtés supplémentaires (en plus de 6 ou 7 prévisibles) que pourrait gagner QS si les sympathisants PQ votent QS

JEAN-LESAGE (Sol Zanetti)
CAQ 30,3  QS : 25,7  PQ : 20,7  PLQ : 20,3

MAURICE-RICHARD
PLQ : 30,3  QS : 24,2  PQ : 24,5

En conclusion, je me permets de reproduire ici un texte du créateur, metteur en scène et activiste Dominic Champagne, qui exprime parfaitement comment bon nombre d’électeurs progressistes se sentent à deux jours de l’élection de 2018.

si j’étais dans gouin je voterais pour gabriel nadeau-dubois de qs !
si j’étais dans pointe aux trembles je voterais jean-martin aussant du pq
si j’étais dans taschereau je voterais catherine dorion de qs
si j’étais dans prévost je voterais paul st-pierre plamondon du pq
si j’étais dans jean-lesage je voterais sol zanetti de qs
si j’étais dans johnson je voterais jacques tétreault du pq
si j’étais dans hochelaga-maisonneuve je voterais alexandre leduc de qs
si j’étais dans st-hyacinte je voterais pour daniel breton du pq
si j’étais dans sainte-marie saint-jacques je voterais pour manon massé
si j’étais dans joliette je voterais pour véronique hivon du pq
si j’étais dans mercier je voterais pour ruba ghazal de qs
si j’étais dans rosemont, je voterais… pour marissal et pour lisée (juste pour leur faire sentir le prix de cette division)

je ne peux pas croire que les forces progressistes 
se divisent autant 
et n’arrivent pas à s’entendre sur un minimum décent
pour que ces femmes et ces hommes de bonne volonté 
qui ont à coeur la défense du bien commun 
puissent exercer le pouvoir entre notre nom
et qu’il y ait, ne serait-ce qu’une priorité accordée
à la transition écologique, à l’éducation et à la réforme du scrutin

il y a dans les programmes de qs et du pq suffisamment de consensus
pour un beau gros mandat

en lieu et place de l’aristocratie libérale 
qu’on risque maintenant de remplacer
par les parvenus de la CAQ qui n’ont aucune considération pour l’environnement…

tout ce chamaillage me désespère…
encore une fois à cette élection
je me sens orphelin d’une force politique 
représentative de nos aspirations
susceptible de former un gouvernement majoritaire

je serai dans la rue demain à manifester pour que la planète s’impose dans cette campagne, à m’indigner contre l’engeance qui ramènera les mercenaires au pouvoir
encore une fois…

je crains fort qu’il faudra malheureusement continuer de s’indigner

mais il faudra surtout nourrir notre capacité à nous rallier

à notre capacité d’indignation devra répondre 
notre capacité de rêver ensemble
pour nourrir l’idéal de ce monde 
dans lequel nous voulons vivre

sans quoi nous continuerons de nous enliser
héritiers d’une tranquillité sans révolution
dans le confort et l’indifférence

  • Dominic Champagne

Coups de gueule, élections 2018

Je reprends le stylo pour vous livrer quelques thérapeutiques coups de gueules sur la campagne qui nous mènera aux élections du 1er octobre. N’hésitez pas à partager ce texte — si vous partagez bien sûr mes opinions.

J’ajouterai de courts textes au fur et à mesure qu’avancera la campagne. Ils sont placés du dernier au premier, vous pouvez donc les lire en partant de la fin ou du début, comme vous voulez. Et vos commentaires sont toujours les bienvenus.

Je vous invite aussi à lire — ou à relire — mon article de 2014  Lettre à ma fille, désarroi et désillusion, écrit suite à l’élection du PLQ cette année-là, qui dresse un portrait bien personnel des 35 dernières années dans la politique québécoise.

 

18 septembre

Le parti libéral vous entend!

Dans une nouvelle publicité, des candidats du parti libéral s’adressent aux électeurs. Dominique Anglade promet 300$ par enfant par année (82 cennes par jour…) et sur les soins aux aînés, Gertrude Bourdon dit « On vous entend! ». En cela, elle serait une digne successeure du ministre Barrette; entendre, c’est la faculté de percevoir par l’ouïe, écouter, c’est prêter attention, recueillir des témoignages, des informations… Depuis 15 ans, le parti libéral vous entend!

 

17 septembre

Legault, je ne te donne pas le go!

Je regarde François Legault en entrevue au téléjournal et je réalise que j’ai autant envie de l’avoir comme Premier ministre du Québec que j’avais envie d’avoir Stephen Harper comme PM du Canada…

La CAQ veut rouvrir le Parc national du Mont-Tremblant aux motoneiges.

La CAQ veut reprendre les forages pétroliers et gaziers sur l’Île Anticosti.

François Legault, chef incontesté de la CAQ, s’est toujours dit favorable à la construction du pipe-line Énergie Est qui passait sous le fleuve et 800 cours d’eau du Québec pour exporter à l’étranger le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta. Ce projet a été abandonné suite aux nombreuses contestations citoyennes et politiques. Que ferait François Legault s’il était élu ?

4 septembre

Message à Amir Khadir, député retraité de Québec solidaire

Bonjour Monsieur Amir,
Juste quelques mots pour vous dire que j’ai beaucoup apprécié vos observations sur la campagne dans le Devoir de ce matin. Quand vous dites : « [Le parti] doit concentrer ses efforts dans les comtés où il a des chances de faire des bons scores sinon de surprendre, — et moi j’en vois au moins une dizaine si n’est pas une quinzaine — […] plutôt que de s’éparpiller à travers le Québec
Je sais que QS a refusé de faire des alliances avec le PQ et je comprends bien cette position. Mais en tant que parti de gauche, QS devrait faire ce qu’il faut pour empêcher que des gens véritablement de gauche qui sont toujours au sein du PQ soient battus par des CAQ. Je pense bien sûr (et vous le savez déjà) à Jean-Martin Aussant et Véronique Hivon, dans Pointe-aux-Trembles et Joliette, mais aussi au candidat du PQ dans St-Jérôme que je ne connais pas, mais on est ici dans la dynamique contraire, c’est-à-dire empêcher l’élection d’un apôtre de la droite comme Youri Chassin! Dans ces trois comtés, QS est à 7, 8 ou 10% dans les intentions de vote et n’a donc aucune chance de l’emporter, mais ce pourcentage est juste assez élevé pour avoir un impact réel sur l’élection : un caquiste ou un péquiste (de gauche). De même, dans des comtés comme Laurier-Dorion, Maurice-Richard où le PQ n’a aucune chance alors que QS pourrait l’emporter, le PQ devrait favoriser l’élection du candidat solidaire. Même dans Taschereau, où la lutte est très serrée, le PQ, qui est 3e, pourrait — devrait — aider à ce qu’une personne de la valeur de Catherine Dorion soit élue.
Maintenant, comment faire cela sans qu’il y ait d’alliance formelle? Bonne question! Les candidats en 3e place font une campagne moins présente? Ils recommandent à ceux qui les appuient de faire un choix qui aidera la circonscription à avoir le ou la meilleur-e député parmi les candidats qui ont de réelles possibilités d’élection.
Bien sûr, il y a la fameuse question du 15 % de vote qui permet un remboursement des dépenses du candidat. Mais on est ici dans une question financière qui ne devrait même pas valoir quand on parle d’intérêt supérieur de la nation.
Chose certaine, le Québec sera toujours mieux avec plus de députés QS et plus de péquistes de gauche que de caquistes et de libéraux. Et si la tendance actuelle vers la droite (que ce soit la CAQ ou le PLQ blanc bonnet-bonnet blanc) ne peut pas être inversée, des stratégies d’élection de QS et du PQ pourraient donner un gouvernement minoritaire où les partis qui ont peu de candidats ont une force réelle qu’on appelle la balance du pouvoir.
Merci de m’avoir lu, bonne journée.

 

31 août

Opportunisme crasse à Pointe-aux-Trembles 

L’élection dans Pointe-aux-Trembles est du genre à écœurer les gens, les jeunes particulièrement, du processus même de voter. Une véritable caricature de démocratie. La candidate de la CAQ est Chantal Rouleau, qui a été élue en novembre dernier mairesse d’arrondissement avec ce qui reste de l’équipe Coderre. Aujourd’hui, elle dit aux gens : « vous m’avez élue mairesse il y a 10 mois, mais finalement, j’ai peut-être plus envie d’être député! Si je gagne, je démissionnerai de la mairie et vous paierez pour une autre élection et je serai votre député. Mais si je perds, je resterai votre mairesse ».  L’opportunisme le plus crasse! Aucune éthique, aucun respect, une seule conviction : être élue au poste qui lui donnera le plus de pouvoir, celui qui servira le mieux son image.

Mairesse d’arrondissement, pffff, de la petite bière, député, c’est bien mieux! Déjà en 2013, Chantal Rouleau avait quitté le parti Vision Montréal pour qui elle avait été élue en 2010, pour se joindre à l’Équipe Coderre, qui pointait alors dans les sondages en vue de l’élection municipale de 2014… Vous avez dit opportuniste ?

C’est Jean-Martin Aussant qui est actuellement deuxième dans Pointe-aux-Trembles, environ 3 points derrière « la mairesse », selon les sondages. Et Québec solidaire ferme la marche avec environ 10% des intentions de vote. Sans parler ici d’alliance, ce dont QS ne veut rien savoir, les militants devraient faire une démarche personnelle pour contrer cette mascarade de démocratie. Et ceux qui désertent un parti ou un autre et ont choisi la CAQ pour « avoir du changement » devraient aussi se questionner sur cette candidate opportuniste. Est-ce vraiment ce genre de changement qu’ils veulent?

POUR QUI ? POURQUOI ?

ARTICLE PARU À LA UNE DU JOURNAL LE MOUTON NOIR, Mai-juin 2016

« Il est intéressant votre projet de réaménagement du camp musical, madame, mais il va vous falloir une étude de marché… »

« Votre projet est en tous points conforme avec les orientations stratégiques de notre ministère, messieurs, nous attendons votre plan d’affaires pour décider si nous allons de l’avant… »

Jacques Bérubé

Et pour le projet de réfection de la cathédrale Saint-Germain…

Alors que la cathédrale Saint-Germain trône depuis deux ans en plein cœur du centre-ville de Rimouski, entourée de barrières de sécurité et corsetée de filets verts pour retenir des pierres qui risquent de tomber, un groupe de gens d’affaires, de gestionnaires culturels et d’architectes ont récemment déposé un projet qui permettrait de restaurer l’église dans son ensemble, en y intégrant le projet de complexe culturel de la coopérative de solidarité Paradis, qui regroupe 14 organismes, tout en conservant un espace dévolu au culte religieux. Le projet est ambitieux, certes, mais il a toutes les chances de se concrétiser parce que, d’une part, le financement du réaménagement intérieur est pratiquement acquis par la coopérative Paradis, qui mène son projet depuis des années, et parce que, d’autre part, les projets d’infrastructures multidisciplinaires ont la cote auprès des gouvernements. Ajoutons à cela que le projet est en tous points conforme avec les objectifs du plan d’urbanisme de la Ville de Rimouski, qui vise la densification du centre-ville, et qu’il possède un extraordinaire potentiel pour enrichir et consolider la vocation de place publique culturelle du secteur de la rue Saint-Germain ouest où se trouvent déjà le Musée régional de Rimouski, la salle de spectacle, la Place-du-6-mai-1950 et la Place des anciens combattants, qu’on prévoit convertir sous peu en parc piétonnier.

Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes avec le paradis dans la cathédrale ? Et bien non. Car nous sommes à Rimouski et à Rimouski, ne l’oublions pas, qui dit projet dit contestation, opposition et polémique.

Un groupe d’opposants s’est formé et il peut compter, comme au temps de ceux qui se sont objectés durant vingt ans au projet de salle de spectacle, sur l’hebdo local qui, marchant dans les traces de son prédécesseur le Progrès-Écho — là où il y avait plus d’écho que de progrès, disait Eudore Belzile! — s’est trouvé un nouvel os à ronger et se fait fort d’attiser les braises de la contestation. Ses pages jaunes se noircissent de propos d’opposants et de sondages maison qui ont autant de valeur scientifique qu’un Big Mac a de valeur nutritive.

En gros, ce groupe d’opposants voudrait que la cathédrale soit restaurée de fond en comble et qu’on lui conserve sa vocation de lieu de culte religieux. Mais que proposent-ils comme projet, qui sont-ils et surtout, où trouveront-ils les fonds nécessaires pour le réaliser ?

Est-ce qu’on ne pourrait pas exiger, comme cela se fait pour à peu près tous les projets dans toutes les sphères de l’économie, que ces gens déposent eux aussi un projet étoffé qui serait en quelque sorte leur étude de marché ? Qui sont leurs concepteurs, leurs conseillers, leurs architectes ? Quelle expertise ont-ils ? Qui seront les utilisateurs de l’église ? Combien la fréquentaient avant la fermeture ? Combien seront-ils, l’an prochain, dans cinq ans, dans vingt ans ? Quelles activités s’y dérouleront ? Et surtout, qui seront les gestionnaires responsables de la gestion et de l’entretien de la cathédrale ? Seront-ce ceux qui lui ont fait perdre son caractère patrimonial dans les années 1960, en démantelant ses grands vitraux et en recouvrant de gypse ses murs intérieurs faits de bois lambrissé ? Seront-ce ceux qui ont laissé la cathédrale se dégrader dans les dernières années, jusqu’à ce qu’elle se retrouve dans son état actuel ? Voici les questions auxquelles doivent répondre les opposants au projet de réfection de la cathédrale qui est actuellement sur la table des décideurs publics et que même l’archevêque de Rimouski, Denis Grondin, appuie et défend ardemment.

N’en déplaise à ces opposants, la communauté chrétienne pratiquante ne possède plus la masse critique pour pouvoir exiger que les autorités, religieuses ou gouvernementales, lui confèrent les droits exclusifs d’utilisation de la cathédrale Saint-Germain. Et ceux qui prétendent représenter cette communauté sont loin d’avoir fait la preuve de leurs compétences d’administrateurs du bien public. La cathédrale appartient à l’ensemble de la population rimouskoise, croyants, non-croyants, pratiquants et non-pratiquants, et le bâtiment doit servir à une majorité de citoyens. Par ailleurs, peut-être faut-il rappeler à ces opposants fidèles que l’un des grands préceptes chrétiens dit que l’église doit ouvrir ses portes à toutes et tous ?

La coopérative Paradis pourrait bien décider de retirer ses billes — un joli sac de 9 millions $, ne l’oublions pas — pour aller se faire construire ailleurs, plutôt que de voir son projet de complexe culturel au centre-ville se faire embourber dans un magma de disputes politico-spirituelles sans fin. Où ceux qui tiennent mordicus au caractère religieux exclusif de la cathédrale trouveraient-ils alors les 15 ou 20 millions nécessaires à sa réfection ? On a beau croire aux miracles…

Bien sûr, on pourrait aussi continuer à regarder avec honte la cathédrale corsetée s’effriter pendant quelques années, puis en vendre les reliques morceau par morceau. Ou bien attendre qu’un riche promoteur immobilier s’amène pour la convertir en condos de luxe, comme ça s’est fait avec bien des églises de Québec et de Montréal.

Rimouski a souffert bien assez longtemps de l’immobilisme de ses conseils municipaux des années 1980 et 1990 et de la politique des bâtons dans les roues de ceux qui se font un devoir de freiner le développement. Il est temps que la majorité se tanne d’être silencieuse et qu’elle mette l’épaule à la roue pour appuyer les promoteurs des projets qui font avancer la ville et la région.

Liberté… Libarté

De Charlie, des poubelles et du Mouton
Jacques Bérubé

JE SUIS CHARLIE.
J’étais Charlie bien avant le 7 janvier 2015; depuis l’après Hara-Kiri, Pilote, depuis Charlie Hebdo, que je lisais régulièrement même si je devais me le procurer « en ville », à Montréal. Je n’ai pas découvert Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et Honoré en cette sombre journée où la liberté d’expression a été atteinte en plein cœur. J’ai donc vécu un vrai de vrai deuil. Et en même temps que j’appréciais de voir se lever l’immense mouvement de solidarité provoqué par les attentats, j’ai été dégoûté de voir le criminel de guerre israélien Nethanayou et des dirigeants de pays tels l’Égypte, la Russie, l’Algérie, les Émirats arabes unis et même l’Arabie saoudite, qui a condamné Raif Badawi à 1000 coups de fouet et à 10 ans de prison pour avoir prêché la tolérance chez les islamistes, se pavaner en première ligne de la marche de solidarité pour Charlie et la liberté d’expression, le 11 janvier. Un beau défilé d’hypocrites et d’opportunistes.

« C’est dur d’être aimé par des cons ». Cette phrase au-dessus d’un dessin de Cabu montrant le prophète Mahomet excédé est celle qui a mis le feu aux poudres. Elle ne visait que les intégristes, ces vrais cons qui relèguent la femme au rang d’esclave et qui se croient investis du devoir de tuer ceux qui ne croient pas aux mêmes lubies qu’eux. Mais une partie de la communauté musulmane s’est senti visée. Et pourtant, Charlie tirait dans tous les sens — et continuera de le faire, même sans ses meilleures plumes. Les catholiques, les juifs, les politiciens, de droite comme de gauche, tous y passaient.

Tout récemment, le cardinal-dinosaure Marc Ouellet qui était, il n’y a pas si longtemps, dans la course à la boucane blanche pour devenir pape, condamnait encore et toujours l’avortement, même pour les femmes victimes de viol. Voici un exemple concret de radicalisme et d’intégrisme, catholique celui-là, qui doit être décrié. Est-ce que les catholiques que, majoritairement, nous sommes encore officiellement, se sentiraient offusqués par un dessin d’André-Philippe Côté, de Chapleau ou de Garnotte qui ridiculiserait la pensée obscurantiste du cardinal ? Non. En se disant insultés par les dessins visant leurs fous intégristes, les musulmans ne protègent-ils pas ceux qui, dans les faits, font le plus de torts à leur religion ?

Si ton dieu ne vaut pas une rigolade ou un dessin, il ne vaut pas grand chose.

Par ailleurs, ne sommes-nous pas, collectivement, bien plus menacés par les mesures des Philippe Couillard, Pierre Moreau, Martin Coiteux et compagnie — à but très lucratif! — et des mollassons à la Jean D’Amour, qui assiste au dégât sans mot dire — que par n’importe quel imam obscurantiste et attardé qui débiterait ses âneries intégristes dans une mosquée miteuse de Montréal ?

LIBERTÉ. LIBARTÉ ?
Il y a quelques années, au plus fort de la « crise » du permis de CHOI-FM, dans la Québec profonde des radios poubelles, des milliers de personnes scandaient ou écrivaient « Liberté, j’écris ton nom! » sans même savoir que c’était tiré d’un poème de Paul Éluard. « Éluard? Pour quelle équipe qu’y joue, lui, stie ? ».

Liberté d’expression ou Libarté de défécation ? Où tracer la ligne entre ces deux sphères du monde de l’opinion ? Faut-il seulement en tracer une ? Je suis contre toute censure, mais je ne ferai pas semblant de me battre en citant Voltaire — faussement, d’ailleurs —pour défendre la liberté des fouille-merde et langues sales qui polluent les ondes radio et vomissent sur le papier de journaux déjà jaunes. Par contre, si je fais valoir mon droit d’exprimer haut et fort que des gueulards comme Jeff Fillion ou des démagogues comme la coquerelle de droite Éric Duhaime sont de sinistres cons, je n’ai d’autre choix que de reconnaître — sans le défendre —leur droit d’exprimer leurs conneries et de me trouver con à leur tour.

IL A 20 ANS NOTRE BEAU MOUTON
Le lancement du Mouton NOIR, il y a 20 ans, répondait moins à un besoin de liberté d’expression qu’à celui, pressant, de se donner une véritable tribune de communication. Car les canaux étaient à cette époque singulièrement bouchés. Quiconque fouillerait les archives des hebdos rimouskois de la première demie des années 1990 aurait peine à croire que l’ensemble du milieu culturel et socio-économique de Rimouski appuyait un projet de salle de spectacle au centre-ville, tant les scribes de ces journaux — sauf notre regretté Laurent Leblond — ne présentaient que les positions des opposants au projet, petits potentats locaux et magouilleurs de coulisses. Nous avons changé la donne; nous avons contribué au déblocage de ce projet et nous en avons fait tomber d’autres qui allaient à l’encontre du bien public. Nous avons, comme disait Henri Bourassa en 1910, « satisfait les affligés et affligé les satisfaits ».

Encore aujourd’hui, nous pouvons et devons être fiers de ce journal citoyen.

Bonne fête Mouton. Bonne fête à ceux qui, avec moi comme « directeur de la rédaction et camelot », lui ont donné vie en 1995 : Fernande et Carmen Forest, Pascale Gagnon, Eudore Belzile, Denis Leblond, Roy Hubler, Marie Bélisle, Claude-Philippe Nolin, Alain Huot et les autres.

Bonne suite à ceux qui apportent encore et toujours au pré de quoi nourrir notre ovidé au sourire narquois et qui « enfourchent avec nous le Mouton NOIR vers le champ libre de l’opinion et de l’information » (Le Mouton NOIR, Vol. 1 no 1, mars-avril 1995).

Ne baissons pas les bras et ne renonçons jamais à notre droit à l’indignation.

Salut et MERCI Pierre Foglia

J’ajoute mon grain de sel à la pléiade d’hommages que l’on rend à M. Pierre Foglia, qui a annoncé sa retraite, en cette première semaine du mois de mars 2015. Je reproduis ici la chronique que j’avais écrite en 2002 pour Le Mouton NOIR dans laquelle je parlais de Monsieur Foglia et de l’un de ses auteurs préférés (et à moi aussi), Charles Bukowski.

Coincé dans les bras d’une vie folle. Locked in the arms of a crazy life. C’est le titre d’une biographie de Charles Bukowski signée par Howard Sounes et éditée par Black Sparrow Press. L’an dernier, Pierre Foglia en avait parlé dans l’une de ses chroniques dans laquelle il parlait aussi du Mouton NOIR, «un journal d’humeur du Bas du Fleuve», disait-il. Il disait combien ce livre est excellent et je le réaffirme en ouvrant ici une parenthèse : monsieur Pierre Foglia n’aime pas que ses lecteurs l’appellent familièrement Foglia. Il a bien raison. Ce n’est pas parce que quelqu’un nous touche avec presque toutes ses chroniques qu’il devient pour autant un intime. Qui plus est, on n’appelle généralement pas nos intimes par leur nom de famille. Mais question de taper un peu moins de caractères — il comprendra, il était typographe — convenons dès maintenant qu’il y a un «monsieur» aspiré — et bien senti — à chaque fois que j’écris simplement Foglia. Fermeture de parenthèse et retour à la précitée chronique.

Dans son commentaire sur Locked in the arms of a crazy life, Foglia révélait que Charles Bukowski était l’écrivain qui l’avait le plus influencé pour qu’il veuille faire de son écriture son gagne-pain. Ça m’avait franchement étonné. Parce que Bukowski et Foglia sont aux antipodes l’un de l’autre. Mais rien ne dit que l’on ressemble à ses influences. Et c’est ici fort heureux. Une fois assimilé ce constat, cette révélation a fait se rejoindre deux fils dans ma tête : j’aime énormément l’écriture de Charles Bukowski, mais moi, celui qui m’a le plus influencé à écrire, c’est Pierre Foglia.

Charles Bukowski était un salaud, un gros dégueulasse, un bagarreur — qui ne frappait pas toujours que des hommes — qui était continuellement saoul, saoul dans le genre excessif. Boire, vomir, continuer, avoir mal au bloc, recommencer… De fait, il utilisait beaucoup le terme anglais « hangover ». Il pouvait écrire des saloperies sur ses amis et encore pire sur des gens de son entourage à qui il ne portait pas d’affection particulière. Mais Bukowski écrivait autant qu’il buvait et il le faisait de façon sublime. Charles Bukowski, enfant battu par son père et rejeté par ses proches dès son jeune âge, est devenu l’un des plus grands poètes qu’aient portés les États-Unis profonds. En soi, rien que les titres de ses recueils sont des œuvres : Love Is a Dog from Hell, Playing the Piano Drunk/ Like a Percussion Instrument/ Until the Fingers Begin to Bleed a Bit, The Last Nights of the Earth Poems. Assis dans son antre à écriture devant sa vieille dactylo et son cendrier plein, il transposait son univers sale et médiocre dans une poésie extraordinaire. Pas une poésie à rimettes, une poésie qui pue, qui sue, qui se promène le fond de culotte à mi-cuisse et la bedaine de bière à l’air. Une poésie vivante qui regorge d’images, de richesse et de vie, si sale soit-elle.

Bukowski, quand il connut le succès, devint un être totalement imbu de lui-même. Quand il était saoul. Donc tôt, souvent et longtemps. Il regardait de haut la faune humaine qui l’entourait tout en sachant qu’il en était partie prenante. Il se vouait le même mépris qu’à la société. Mais il ne gueulait pas, n’était aucunement engagé et n’a jamais cherché à influencer qui ou quoi ce soit, sinon le chiffre de ses ventes. Il n’avait rien à foutre de critiquer les tares du système, si pourri pouvait-il être.

Je ne connais pas Pierre Foglia autrement que par ses chroniques. Mais je sais qu’il mène une vie infiniment plus ordonnée que celle de Charles Bukowski. Ses brosses, il les prend à grands coups de bols d’air, en vélo à Saint-Armand et un peu partout sur sa planète. Foglia n’est pas un poète, du moins pas officiellement. Mais j’ai encore en tête des phrases de ses chroniques écrites il y a bien des années. «Il n’y a rien de dangereux à se mettre la tête dans la gueule d’un lion. Essayez donc de lui mettre un doigt dans le cul.» Ou au Salon de la Femme, sur la goberge — «c’est nouveau, ce poisson-là ?» — aromatisée dans du bouillon d’andouille. Ou sur cet agent de sécurité aux Jeux olympiques d’Atlanta, accoutré de telle sorte qu’il n’aurait pas eu besoin de sa cocarde SÉCURITÉ pour qu’on ne le confonde pas avec une perdrix. Avec une perdrix, chose! Et quand Foglia couvre le Tour de France, il parle des petites auberges et des spécialités locales. Rien que pour ça, j’aime déjà énormément Pierre Foglia. Mais aussi parce que, contrairement à celui de Bukowski, l’univers d’écriture de Foglia est mû par un sens profond de l’indignation. À une époque où le «qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?» a cours plus que jamais, Foglia ne cesse de mettre le doigt sur les plaies de notre société, d’arracher les plasters placés dessus bien plus pour les cacher que pour les guérir, de nous foutre en pleine face ses blues de la bêtise humaine. Bref, Foglia s’indigne de ce qui devrait tous nous indigner.

Et les quelques sorties publiques auxquelles il s’est prêté à contrecœur ont révélé un être d’une grande humilité qui refuse de se voir comme un modèle pour ceux qui choisissent d’écrire. Mais au fond, je crois qu’il sait très bien qu’il l’est et il a toutes les raisons d’en être fier. En tout cas, moi, je lui lève bien haut mon chapeau et le remercie pour toutes les plumes critiques qu’il a aidé à faire naître un peu partout au Québec. Ces plumes qui écrivent essais, cinéma d’auteur, journaux d’opinions ou simples lettres de lecteurs. Pour le droit et le devoir de s’indigner.

Ajout de mars 2015 à cette «vieille» chronique d’août 2002 :
MERCI POUR TOUT MONSIEUR PIERRE FOGLIA.