Neuf ans!

Par Jacques Bérubé

Neuf ans, voilà ce qui semble être devenu le cycle de rotation du pouvoir au Québec. Selon les derniers sondages et surtout, selon toute pertinence — commentaire non-partisan —, le parti Québécois reprendra le pouvoir aux prochaines élections et ce, de façon majoritaire, neuf ans après l’avoir perdu aux mains du parti Libéral de Jean Charest. Ledit Charest a beau se targuer d’être le premier à avoir gagné trois élections de suite depuis Maurice Duplessis — belle comparaison! —, il aura été au pouvoir durant neuf ans, comme avant lui le PQ (1994-2003), le PLQ (1985-1994) et le PQ (1976-1985).

Avant cette première accession au pouvoir par le PQ, en 1976, le gouvernement du PLQ, avec Robert Bourasse en tête, n’avait conservé le pouvoir que durant deux courts mandats de trois années, secoué qu’il était par les crises — Octobre 70 et la Loi sur les mesures de guerre — et les scandales de toute sorte, celui de la viande avariée au premier plan.
Donc, si la tendance se maintient, le trône québécois verra de près une nouvelle paire de fesses dans les prochains mois. Bonne nouvelle, surtout pour ceux — ils sont légion et j’en suis — qui n’en peuvent plus de Jean Charest et de ses manières de gouverner.

Le Québec rejoindra vraisemblablement quatre autres provinces ou territoires du Canada — le temps qu’il en fait toujours partie! — qui ont élu des femmes Premières ministres. Avec son expérience au pouvoir comme ministre de la Santé, de l’Éducation, des Finances et présidente du Conseil du Trésor, les capacités à diriger le Québec de Pauline Marois ne font pas trop douter. Elle pourra, en plus, surfer un certain temps sur la vague d’insatisfaction soulevée par le gouvernement Charest, jusqu’à ce qu’elle s’échoue sur la côte…

La partie s’annonce toutefois difficile pour celle qu’on appelle maintenant la dame de béton, sur la question de la souveraineté du Québec. Alors que les conservateurs de Stephen Harper construisent semaine après semaine un Canada qui devient de plus en plus contraire aux valeurs et aux aspirations des Québécois, il sera très intéressant de voir si madame Marois profitera de la situation pour faire progresser l’option souverainiste et comment, le cas échéant, elle préparera le terrain de l’affrontement politique avec le fédéral. Ceux qui étaient ses adversaires acharnés en raison de sa mollesse et qui tendent à revenir dans les rangs péquistes — sage décision — ne devraient pas la laisser manquer ce bateau, qui ne repassera pas de sitôt.

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