HALF MOON RUN, le choc créatif

HALF MOON RUN, 14 décembre 2023, Montréal, avec ma fille Florence. Ce spectacle est mon cadeau d’anniversaire du printemps dernier. Super beau cadeau, mais… manière boomerang, si l’on considère que, mine de rien, c’est un peu moi qui lui ai fait connaître ce groupe…

Half Moon Run a, chez moi, de l’histoire — ou, à tout le moins, des histoires.

Une journée de printemps, en 2012, je vais porter sur l’heure du midi des feuillets publicitaires pour Spect’Art chez Audition Musik. Arrive alors sur le fait Sébastien Raboin, investi de la même mission que moi, mais pour Paralœil…

« Hey! C’est super bon, le band que tu m’as fais connaître! », dit-il au disquaire.

« De quoi vous parlez? », rétorquai-je aussitôt, une fois ma petite pile de flyers judicieusement placée sur le coin du comptoir.

« Half Moon Run, un nouveau groupe anglo du Québec. Va écouter ça, leur disque est dans un des postes d’écoute », me dit le sympathique disquaire.

Ce que je fis aussitôt. Une toune, Full Circle, deux tounes, Call me in the afternoon, quatre, cinq, juste WOW!!!

Revenu au travail, je dis à mon chum Guy : « Va écouter Half Moon Run sur ton ordi, c’est capotant! » Il ressort après cinq minutes, éberlué comme moi. « Il faut qu’on en parle à Jacques » (l’autre, le boss…)

Quelques mois plus tard, au lit, je fais entendre ça à mon amoureuse de l’époque. Première toune : Wow! , deuxième : Ben voyons! , troisième : C’est donc ben bon! et ainsi de suite.

Quelques autres mois plus tard, Half Moon Run fait pratiquement salle comble à la salle de spectacle de Rimouski — qui, souhaitons-le, changera bientôt de nom. Je me rappelle tous ces gens à qui j’avais dit de ne pas manquer ce spectacle qui me remerciaient du regard en sortant, même s’ils ne connaissaient pas le groupe avant de les voir ce soir-là.

Deux ou trois ans plus tard, peu après la sortie du deuxième album, Sun leads me on, je les revois à la même salle de spectacle — qui, si l’on s’y met tous, changera bientôt de nom — et mon chum Bertin me dit entre deux tounes : « Penses-tu qu’il y a quelqu’un dans le monde qui voit un meilleur spectacle que nous ce soir ? » Sur le coup, je me dis qu’il exagère, mais quelques minutes plus tard, je lui réponds Non!

Bref, presque 12 ans plus tard, je suis avec ma fille au M Telus — autre nom de merde! —, debout, avec 3 000 autres personnes toutes aussi conquises que moi. Et quelques fois durant le spectacle, ébahi devant ce que je me permets ici d’appeler la perfection, j’ai pensé… aux Beatles! Non, je ne suis pas encore assez fan fini ou fou pour comparer le génie des premiers avec celui du quatuor de Liverpool. Et je ne prétendrais jamais que la musique d’Half Moon Run ressemble à celle des Beatles. Mais je me disais en les regardant jouer et en les écoutant que comme celle de Lennon et McCartney, la rencontre de Conner Molander, Dylan Phillips et Devon Portielje a été un choc créatif immense qui a permis la réalisation de, jusqu’à ce jour, quatre albums tous aussi bons l’un que l’autre.

La Fanfare récidive… Pourpour notre bonheur

Photo : Denis Martin

Ce que nous sommes. Ce qu’ils sont; ce qu’ils continueront d’être. Avec nous. Depuis longtemps, depuis presque toujours, en fait, pour les… jeunes de mon âge! Avec tambour et trompette — et bien plus! — la Fanfare Pourpour est ici et là, pourpour nous, pourpour la vie, pourpour la fête, la joie et l’amour.

La Fanfare Pourpour est une famille musicale. Une grande, très grande famille comme en bâtissaient nos aïeux, tous ensemble, assis et debout autour de la table à se partager les festins de notes, les chansons, la route, la complicité, les plaisirs. Depuis 40 ans, les belles folles et beaux fous de la Fanfare Pourpour, qui s’est précédemment appelé le Pouet Pouet Band et L’Enfant fort, sillonnent les routes du Québec, avec quelques détours en France, en Suède, au Mexique et en Irlande, invités là-bas pour le mariage du fils de George Martin, sur recommandation de George Harrison. Et sur ces routes, la Pourpour a retrouvé en trois occasions le Mouton NOIR pour des spectacles bénéfices en compagnie, entre autres, de Richard Desjardins. Et aussi le public du Festi-Jazz de Rimouski, sous le grand chapiteau, il y a… déjà trop longtemps. Encore, s’il vous plaît!

La cheville ouvrière de ces talentueux saltimbanques est Lou Babin, chanteuse, accordéoniste, productrice et rédactrice de toutes les demandes de subventions qui amènent l’eau au moulin de ce groupe de belles bêtes musicales. « La présence de Lou est constante et essentielle, à toutes les étapes de création et de production », disent presqu’en chœur l’accordéoniste et pianiste Luzio Altobelli et le clarinettiste Guillaume Bourque, les deux réalisateurs de Ce que nous sommes, sixième album de la Fanfare Pourpour.Lou est la mère de clan.

Certain-es sont dans l’aventure depuis le début, Lou, Luc, Nemo, Stéphane, Guido, Jacques. D’autres ont quitté après de longs bouts de route, Suzanne, Benoît, Christine, Roy et deux Bernard partis dans le territoire des ombres… Et au fil de l’évolution de la Fanfare Pourpour, qui porte ce nom depuis le milieu des années 1990, de grosses pointures s’y sont greffées : Jean Derome et Pierre Tanguay, deux figures de proue du jazz au Québec, Claude Vendette, ex-Abbittibbi, Marie-Soleil Bélanger, violoniste qui était du Kanasuta de Desjardins, Alexis et Zoé Dumais, de Rimouski, et le fils d’Alexis, Loïc. Je ne nomme que ceux-ci et celles-là, mais pour parler de talent et de cœur, il faudrait nommer tout le monde; vous regarderez la pochette…

« La musique de ce sixième album est remplie d’amour et de sens, tissée avec patience de petits bouts de fils qui nous attachent les uns aux autres et font de nous une grande famille ».
– Zoé Dumais

Ce que nous sommes débute par une pièce archive de 1980 du Pouet Pouet Band et se déploie ensuite avec 10 autres pièces, composées par neuf personnes différentes. « Le processus de création s’est amorcé il y a quatre ans, nous dit Lou Babin. Nous avons reçu une subvention de recherche et création pour réaliser un projet qui impliquait huit compositeur-es et l’intégration de nouveaux instruments, encore inexplorés, dans notre musique. » Les réalisateurs Luzio et Guillaume ont ensuite créé des maquettes précises pour chacune des compositions qui ont été enregistrées séparément par sections — rythmique, cordes, vents, voix, etc. — ce qui était une première pour la Fanfare.

Cet album ne désarçonnera pas ceux qui connaissent déjà bien la Fanfare Pourpour, mais il offre plus; il nous emmène ailleurs, plus haut, plus loin, dans un univers qu’on pourrait qualifier de cinématographique. On a parfois l’impression d’être dans un film de Fellini — Salut à vous Nino Rota! Ce que nous sommes est, de mon humble point de vue — ou d’audition, devrais-je dire — le meilleur album qu’a produit jusqu’à maintenant la Fanfare Pourpour. Et ce n’est pas peu dire, quand on considère l’incontestable qualité des albums précédents.

Quelques constats : davantage de piano, les percussions de Pierre Tanguay plus présentes, l’entrée en scène de la guitare électrique, du marimba et d’instruments « étranges » comme le erhu. On est dans la valse, le ludique, le festif, mais avec une élégance qui confère de nouvelles nuances à l’ensemble. On passe parfois d’une séquence de musique quasi symphonique au jazz contemporain, au folklore international, puis à… la musique de fanfare (bien sûr!). Bref, c’est beau, bon, très beau, très bon!

La chanson Nous serons ce que nous sommes, écrite par Zoé Dumais et magnifiquement interprétée — comme toujours — par Lou Babin, ensuite rejointe par le Chœur de la Pourpour, devient un hymne à ce qu’est et ce que sera, avec et pour nous, notre fanfare fétiche. Prêter demain aux rêveurs / Avec eux, repenser le bonheur / Inventons des années de miel / Pour donner aux enfants des ailes.

L’album Ce que nous sommes, de la Fanfare Pourpour, est disponible chez les disquaires allumés et de bon goût et il peut être téléchargé en fichier numérique — comme les autres albums — à sur la page du groupe, sur bandcamp

Coups de gueule de juin…

Je vous livre en boucle quelques coups de gueule que j’ai publiés sur ma page du réseau asocial que j’ai bien plus envie de quitter que de nommer…

7 juin
Manifestement, le chef du parti complotiste Maxime Joe Louis Bernier est à la poursuite d’un record Guinness pour la prolifération de la plus grosse sornette. Selon lui, les feux de forêts ne sont pas dûs au réchauffement climatique, ils sont plutôt allumés par des activistes environnementalistes qui veulent valider leurs théories.
Il est de plus en plus évident que les quelques neurones qui étaient encore semi-actives dans ce qui sert de cervelle à Maxime Bernier commencent à sérieusement traîner de la patte…

20 juin
Et voilà, c’est dit! Le sous-marin perdu était le seul des 10 dans le monde qui peuvent aller à des profondeurs de 4 000 mètres qui n’avait pas été inspecté et certifié par une entreprise spécialisée. L’entreprise OceanGate a refusé à maintes reprises les inspections. Parce qu’il était plus important pour son propriétaire de ramasser le cash à 250 000$ la « randonnée » que de s’assurer que leur patente était sécuritaire. Cette fois, ce sont des milliardaires qui sont victimes du capitalisme sauvage. Le serpent se mord la queue…

20 juin, sur la crisette du PQ qui boycotte la Fête nationale à Québec parce qu’Émile Bilodeau a tiré la pipe — et la langue! — au parti.
C’est quoi le nom scientifique du syndrome de la peau courte qui frappe le PQ qui ne veut plus participer à la Fête nationale parce que l’impétueux Émile Bilodeau leur a envoyé quelques craques?
T’es pas fin! J’joues pu, bon! J’m’en vas chez nous pis j’vas l’dire à ta mère…

24 juin
L’extraordinaire discours de la Nation déclamé par Léanne Labrèche-D’Or à Québec rend encore plus impertinente et puérile la décision du PQ de ne pas participer à la Fête nationale du Québec parce qu’Émile Bilodeau — qui a su, toute la soirée, soulever la foule, majoritairement jeune — a brassé la vieille cage empoussiérée du parti. Si le PQ pense pouvoir faire un pays en ruminant ses lubies en groupuscules de vieux nationalistes nostalgiques et revanchards et en se coupant de la jeunesse, de la diversité et de la dissidence, aussi bien fermer les livres tout de suite!

21 juin, un peu encore sur l’histoire du sous-marin de l’OceanGate et une transition vers le sujet qui s’en vient…Il y a des millionnaires qui paient le gros prix pour des trips sous-marins sans retour et il y en a d’autres qui démontrent leur ignorance de la réalité du « vrai monde » chaque fois qu’ils ouvrent la bouche!!!
François Legault sur le prix des loyers et des maisons au Québec : « Moi, je souhaite qu’on rejoigne l’Ontario, et même les États-Unis. Plus les salaires vont augmenter, plus le prix des maisons va augmenter, a-t-il dit. […] Je ne veux pas que le Québec reste pauvre pour qu’on garde le prix des maisons plus bas qu’à Toronto ou à Vancouver. »

27 juin
Un complotiste a écrit ces derniers jours sur un quelconque réseau asocial qu’il était impossible que la fumée qui envahit Montréal provienne des lointains feux de forêts!!! Un génie diplômé de l’Institut FTY (Facebook YouTube Tweeter). Un autre diplômé a commenté à sa suite : « C’est une pandémie chimique! »
Si j’étais croyant, je dirais que quand Dieu a créé les hommes, il est arrivé short en cerveaux…

30 juin
Le mystère règne toujours sur l’identité de la planète sur laquelle vit François Legault… Encore aujourd’hui, il a déclaré – ou devrait-on plutôt dire déliré – qu’en quatre ans, soit depuis qu’il est Premier ministre, tout a toujours bien été le 1er juillet et que personne ne s’est jamais retrouvé à la rue… Bon sang, mais c’est bien sûr! Il n’y a pas de crise du logement au Québec, ce n’est qu’une vue de l’esprit, dans la tête de wokes, en plus!
Il faudrait que M. Legault sorte de sa bulle une fois de temps en temps. Qui sait? Il apprendrait peut-être qu’il existe aussi sur cette terre — et même au Québec — des personnes qui n’ont pas le trèfle aux genoux et une cuillère d’argent à la bouche.

Ignorance ou déni? On peut se poser la question. En se rappelant qu’à la fin mai, le Premier ministre posait fièrement à côté d’un Hummer supposément électrique pour annoncer la mise en chantier d’une usine de batteries et clamer que le Québec entrait dans une nouvelle ère! Bienvenue au Caquistan! (clin d’oeil à Jean-François Nadeau)

Chronique d’un écocide : l’effacement des caribous de Val-d’Or

« En 1984, 50 caribous vivaient en liberté sur un territoire de 1200 km² au sud de Val-d’Or. En 2022, neuf caribous sont incarcérés dans un enclos de concentration de 12 km².

Durant ces quatre décennies, j’ai sonné l’alarme, participé à de nombreux groupes de discussion et comités divers pour tenter de renverser la vapeur, espérant ainsi faire comprendre à nos dirigeant-es nos obligations envers les générations futures.
Car j’estime qu’il est de notre devoir de préserver et de transmettre ce joyau écologique qu’est la harde relique de Val-d’Or.

Celle-ci est unique : elle est la seule qui subsiste au sud du 48e parallèle et elle se distingue
de la harde de Charlevoix, qui est le fruit d’une réintroduction.

Malgré ce déclin annoncé depuis les années 1980 par les écologistes et les Anicinapek, le ministère responsable des forêts a contrevenu malicieusement à ses propres règles
en regard d’une espèce menacée dans le cas de la harde de Val-d’Or.
Ses actions, contrairement à son discours rassurant, ont plutôt accéléré la destruction de l’habitat essentiel du troupeau, le menant ainsi au seuil de l’extinction.
 »

Je commence ma critique de ce petit livre — chronique, pamphlet et essai coup de poing — en citant sa conclusion parce qu’elle est aussi claire et limpide que le reste de cette « Chronique d’un écocide : L’effacement des caribous de Val-d’Or », qu’on pourrait tout aussi bien nommer « Parcours d’un infatigable combattant écologiste » ou « Portrait de la soumission de ministres et de fonctionnaires devant l’industrie forestière ».

Henri Jacob, fondateur du REVE — Regroupement écologiste Val-d’Or et environs — et, avec Richard Desjardins, de l’Action Boréale, est un ami. Si vous lui aviez vu la face lorsque, à notre première rencontre à Val-d’Or, je lui avais dit que j’avais grandi à Rimouski sur la rue… Henri-Jacob! Henri Jacob est un ami, donc, mais d’abord et avant tout quelqu’un dont j’admire vraiment le parcours de militant activiste pour la protection de l’environnement, avec regard focalisant sur la forêt et le caribou.

L’engagement constant d’Henri Jacob est ici relaté dans une écriture simple, anecdotique et parfois moqueuse, qui s’arrime à la triste histoire de la harde de caribous la plus au sud du Québec, dont le cheptel est passé de 60 à 80 individus en 1974 à neuf en 2022. De plans d’aménagement et de rétablissement mis et remis sur la glace aux intentions de protections, ententes préalables et promesses restées sur papier, le caribou forestier de Val-d’Or a poursuivi son déclin en raison de l’appétit gargantuesque et la logique extractiviste d’une industrie trop heureuse de pouvoir compter sur la permissivité de bénis-oui-oui haut placés du ministère de la Forêt et de la Faune. Mais ce ministère n’a-t-il pas fait faire de nombreuses études par ses propres biologistes qui recommandaient toutes et tous, l’une après l’autre, de modifier les façons de faire pour sauver le caribou ? Oui, mais cause toujours, ces recommandations ont vite trouvé place sur des tablettes empoussiérées — avec bran de scie — du ministère. C’est encore et toujours le credo des emplois menacés, de la pseudo mise en péril même de l’industrie forestière qui l’emporte si on ose évoquer la protection de quelques parcelles de territoires. Comme si une gestion mieux contrôlée des coupes forestières qui s’inspirerait de la culture et de la philosophie holistique des Premières Nations — Nous formons ensemble le territoire; nous sommes, humains, faune et flore, le territoire — ne pouvait pas se mettre en place au moins dans des zones de vieux peuplements de conifères pour la survie des espèces.

Chronique d’un écocide : l’effacement des caribous de Val-d’Or présente une saga, un combat, des actions de sensibilisation dans les écoles — décriées, ô surprise, par un cadre de Domtar — et le parcours militant d’un homme et de ses compères et consœurs qui doit être connu, partagé et soutenu. Qui plus est, le livre est rehaussé de magnifiques illustrations d’Olivier Lasser et sa préface est signée par l’aîné Richard Kistabish, conteur et ancien chef de la communauté anicinabek de Pikogan et grand chef du Conseil Algonquin du Québec et survivant du pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery.

« Nous, les Anicinabek, cohabitions avec ces adik [1].
Ils occupaient et occupent un espace de territoire comme nous.
Ils étaient nos compagnons dans le partage de cet espace.
Ils savaient que nous dépendions d’eux et nous pareillement.
(…)

Nous sommes toujours surpris de la ténacité de cet homme blanc!
 Il est d’une race de monde qui a vécu sur ce territoire,

ce magnifique territoire. (…)
Il restera toujours et son esprit fera partie du décor.
Ses amis le respecteront. »

– Richard Kistabish

Au bout de ces éternelles danses à deux pas en avant et quatre en arrière et ces salmigondis de bonriens — un salut ici au compère d’Henri! — nous voici à la fin de 2022, à Montréal, qui accueille la Conférence sur la biodiversité — la Cop15. Devant ses hôtes internationaux, les représentants d’un gouvernement rompu à l’économie mur à mur souriront de leurs belles grandes dents blanches, balayant sous le tapis leur triste bilan pour la protection du caribou et tentant de faire oublier qu’il y a un peu plus de deux mois, ils ont, comme toujours, fait silence radio devant les avis de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards, qui soulignait encore une fois l’urgence de protéger des grands massifs de forêt mature pour assurer la survie des hardes reliques de ce grand cervidé.

Dirons-nous sans broncher « So long, caribou »? En cette période d’après-fêtes, il me vient à l’esprit l’image du Père Noël qui doit tirer seul son traîneau… jusqu’à ce qu’il l’accroche derrière un ou deux F-150 arborant dans leurs portières le logo du ministère de la Forêt et de la Faune…


[1] Caribou, en langue anishinaabemowin

Une Chambre de commerce contre les CPE ?

Plusieurs chambres de commerce de l’Est-du-Québec apportent leur soutien au personnel des Centres de la petite enfance (CPE), qui font des journées de grève afin d’obtenir de meilleures conditions de travail. C’est le cas de la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé, qui lance un appel à la solidarité, et celle de Sept-Iles et Uashat mak Mani-utenam, sur la Côte Nord, qui soutient aussi le mouvement de grève pour des raisons d’équité et de conditions sociales.

Mais, à Rimouski, Jonathan Laterreur, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Rimouski-Neigette, n’appuie pas le mouvement de grève et « déplore que le débrayage rende la tâche des entreprises encore plus compliquée, alors qu’elles font déjà face à un manque de main-d’œuvre. » Hiiiii, pas fort, monsieur Laterreur!!! Il ne vous est pas venu à l’esprit que le manque de places en service de garde, qui résulte en grande partie des mauvaises conditions de travail offertes aux éducatrices, est l’une des raisons qui empêchent des gens de s’installer en région et qui sont à la base de la pénurie de main-d’oeuvre? Comme le manque de logement! On parle ici de transversalité des problématiques qui constituent une situation particulière. Un directeur de Chambre de commerce devrait avoir la capacité de comprendre cela.

Jonathan Laterreur est même allé jusqu’à déclarer que « les revendications des travailleurs sont une des facettes multiples du manque de place en garderie dans la région. » Une ode au cheap labor? On croit rêver!

Monsieur Laterreur devrait savoir que les CPE sont des entreprises – d’économie sociale – et qu’elles seraient en droit de s’attendre à être soutenues par la Chambre de commerce! Enlevez vos œillères!!!

Par ailleurs, j’ai été très déçu d’entendre, pendant une entrevue avec une conseillère syndicale des CPE, l’animateur de l’émission matinale de la radio de la SRC de Rimouski, Éric Gagnon, relayer les propos du d.g. de la Chambre de commerce de Rimouski en omettant de souligner les appuis de celles de Gaspé et de la Côte Nord. C’était donner de la crédibilité à quelque chose qui n’en méritait pas.

Maintenant, ce qu’il faut savoir, c’est si Jonathan Laterreur est un électron libre qui s’exprime à titre personnel tout en portant son chapeau de directeur général de la Chambre de commerce ou bien si son employeur, c’est-à-dire le conseil d’administration, endosse ses positions rétrogrades.

La question est lancée.

Jacques Bérubé, le 3 novembre 2021
jacques.hugb@gmail.com

La Covid-19 a fait une autre victime : le jugement de Marie-France Bazzo

Jacques Bérubé

HELP! On m’a changé ma Marie-France Bazzo! Ou alors quelqu’un a squatté son ordinateur — Jean-Charles Lajoie ? Sophie Durocher ? un animateur de radio poubelle de Québec ? Ben non, c’est bien Marie-France Bazzo, la Marie-France Bazzo que je trouve intelligente et posée — pas toujours, mais quand c’est le cas, c’est généralement pour une bonne cause! — qui a écrit l’article Journal des temps inédits : Détester Montréal avec, mise en exergue, la phrase : Les régions ont enfin trouvé un prétexte sanitaire, un exutoire à leur méfiance, devenue haine, envers la grande Montréal.

Même les meilleures peuvent dérailler!

LES régions, montées en un beau gros bloc homogène à l’esprit villageois, qui se méfie et qui hait Montréal. « J’ai ressenti le soupir de satisfaction du Bas-Saint-Laurent jusque dans mon cou, j’ai entendu un cri de triomphe saguenéen monter jusqu’au Stade olympique ». Bravo, Marie-France, je t’accorde ici la médaille d’or du pédalage dans la choucroute — pour reprendre l’un de mes mentors, le Concombre masqué.

Bien sûr, certaines personnes ont émis des propos regrettables, bigots même, le plus souvent dictés par l’ignorance et la peur. Ici, comme à Montréal. Mais des maires aux barricades et des tribunes incendiaires? Je n’en ai ni vus ni entendus. À moins que tu considères comme des manifestations de « haine ostentatoire » de Montréal le fait que certains élus aient demandé, par prudence, que des barrages routiers soient maintenus une ou deux semaines de plus. Généraliser comme tu le fais en disant que les régions haïssent une Montréal infectée et impure, c’est aussi crédible que de dire que tous les Montréalais roulent leurs r.

Marie-France, j’aurais aimé lire dans ton article au moins une ou deux phrases sur les « régionaleux » du domaine de la santé qui sont venus à Montréal aider les médecins, infirmières et autres préposées dans les hôpitaux et CHSLD, au risque de leur santé. Au lieu de ça, tu écris que les régions se détachent des Montréalais, de « leurs » CHSLD, de leurs travailleurs de la santé, souvent immigrants — une pincée de racisme ici — et de leurs minorités culturelles sur l’party — une cuillerée d’intolérance là. Ce bout de ton article pue le préjugé bas de gamme et le mépris!

Les CHSLD en décrépitude, ce ne sont pas ceux de Montréal, ce sont ceux du Québec tout entier et les aînés qui y souffrent et qui y meurent, ce sont NOS aînés à tous. Le gouffre que tu dis voir s’élargir entre Montréal et les régions, c’est le genre de propos que contient ton texte qui le provoque.

Je travaille dans le milieu de l’économie sociale et depuis le début de la pandémie, de tous les coins du Québec — oui oui, même dans des régions que tu pointes du doigt comme le Saguenay et le Bas-Saint-Laurent, ma région — tout ce milieu se serre les coudes pour soutenir les centaines d’entreprises collectives qui emploient des milliers de personnes qui se retrouvent au cœur d’une crise sanitaire, sociale et économique qui n’a pas de précédent. Alors, quand une personnalité publique comme toi, qui jouit d’une réputation d’intellectuelle engagée, vient lancer de telles énormités, c’est un sacré croc-en jambe à la solidarité!

Ton article est un exemple parfait des réflexions de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs ponts. En fait, tu es dans tes écrits tout ce que tu prétends que les régions pensent de Montréal : « condescendante, hautaine, trop toutte ». Me revient en tête la chanson Ces gens-là, de Jacques Brel — Eh oui! on a déjà vaguement entendu parler de Brel, en région éloignée…

« Plusieurs Montréalais pourraient ne pas avoir envie de se frotter à cette détestation provinciale (…) Montréal se remettra à voyager, mais peut-être pas de préférence au Québec. Qui a envie d’être pris pour un ennemi? » C’est vraiment la Marie-France Bazzo que je respecte qui a écrit une telle menace cheapette de vengeance : «Bon ben, ok d’abord, tant pis, on n’ira pas dépenser notre argent chez vous, en région » ?

Tu termines ta diatribe — ou ton exutoire, pour reprendre tes mots —en affirmant : « C’est ensemble que nous pourrons nous reconstruire. Ou pas. » J’ai presqu’entendu les violons. Mais ici, Marie-France, tu sonnes faux, très faux, car les jugements que tu portes ne m’apparaissent aucunement comme ceux de quelqu’un qui voit les régions dans ce projet de reconstruction.

Un autre de mes mentors, Frank Zappa, a dit : « L’esprit, c’est comme un parachute, ça ne fonctionne que s’il est ouvert! ». Ta vision de Montréal envers les régions est périmée. Et la vision que tu prétends être celle des régions envers Montréal l’est encore plus. Et grand bien nous en fasse. À tous.

Marie-France, dans des versions préliminaires de ce texte, j’employais certains mots durs à ton égard, des mots qui m’étaient dictés par l’indignation et la colère que me provoquait la lecture de ton article. Je me suis tempéré. J’aurais aimé que tu puisses en faire autant. Et j’espère qu’aujourd’hui, tu regrettes, ne serait-ce qu’un peu, une partie de ce que tu as écrit.

Sinon, ne crains rien, nous saurons très bien reconstruire sans toi.

 

NOTE : Aujourd’hui, mercredi 20 mai, Marie-France Bazzo est revenue faire une mise au point dans sa chronique de L’Actualité. Je vous invite à lire cet addenda à sa chronique de samedi dernier : Détester Montréal.

NOTRE MAISON TOUJOURS EN FEU

Par Florence Forest-Bérubé

Je cède aujourd’hui l’espace de mon blogue à ma fille Florence, 30 ans.
Je suis touché par son texte et très fier d’elle.

Jacques Bérubé

En 2019, Greta Thunberg nous mettait en garde: OUR HOUSE IS ON FIRE. Nous avons réagi. Fortement. Brièvement. Comme trop souvent! Nous nous sommes dit: ça y est, les choses vont changer. Puis, Noël est arrivé. On a acheté des cadeaux, on les a emballés, puis déballés, on a « recyclé » pour se donner bonne conscience, puis, on a fait le virage vers 2020.

Que restait-il alors du feu? Il était pris partout en Australie. Alors, on s’est donné une nouvelle mission. Sauvons les koalas, les kangourous et tous les autres. Ça a duré quelques semaines ça aussi. Je suis certaine que plusieurs d’entre vous, comme moi, avez regardé avec tristesse les vidéos d’un des plus beaux pays du monde, ravagé par les flammes. Vous avez sûrement donné quelques dollars à des groupes d’aide aussi. Combien d’entre nous se sont rappelé les paroles de Greta Thunberg à ce moment-là? Peu… Si peu. Et pourtant, le lien pouvait difficilement être plus évident.

Depuis le mois de février, on suit les nouvelles en Chine. Le coronavirus. Ouf… Pauvre peuple chinois, décimé par un virus dont on ignore tout. Et ils sont pris à la maison. Salut Bonjour interviewait des étudiants canadiens pris dans leurs résidences à Wujan. Ils avaient hâte de rentrer à la maison.

But what we all forgot was that… our house was STILL on fire.

Ce qui se passait chez nos voisins chinois, italiens et espagnols a cogné à notre porte il y a quelques jours. Le monde entier est maintenant aux prises avec une pandémie. Si ce n’était que de nous, ça durerait deux semaines. Et comme le reste, on l’oublierait. Mais vous commencez, comme moi, à vous rendre compte que ça va durer plus longtemps que ça. On commence à avoir peur pour nos enfants, pour nos parents, nos collègues. On s’ennuie de nos patrons. Ils ne sont pas toujours commodes, mais les salutations à la machine à café, c’est un bon carburant pour partir la journée.

Alors, on est solidaires, on est beaux, on est grands. Un premier ministre provincial qui devient un véritable chef d’État; des médecins spécialistes qui abandonnent leurs spécialités pour revenir aux soins intensifs, en première ligne, pour aider leurs collègues; des infirmières qui, une fois de plus, acceptent des heures supplémentaires, qui se préparent pour la crise. Des centaines de milliers de parents qui sont à la maison avec leurs enfants, qui leur expliquent ce qui se passe, alors qu’eux mêmes ne comprennent pas. Des professeurs privés de leurs classes, des élèves privés de leurs compagnons, et parfois, malheureusement, d’une pause de la maison. Les gens restent à la maison, les artistes se tournent vers les médias sociaux pour divertir les gens. Des milliers d’entrepreneurs, restaurateurs, éducateurs, artistes, professionnels de la santé se retrouvent sans travail. Tout ça pour notre sécurité. On tente à tout prix de les aider. Oui, on est solidaires, on est beaux, on est grands. Nous allons assurément ressortir gagnants.

Pendant ce temps, la Terre prend un moment de repos, un répit de notre folie. Plus d’avions, plus de pollution, plus de surconsommation… Je nous souhaite de ressortir grandis de cette expérience traumatisante. D’apprendre. Qu’il y ait un avant et un après. Qu’on ne rallume pas le feu qu’un autre drame est en train d’éteindre. Parce que nous avions déjà oublié qu’il fallait le faire. Moi la première.

Florence Forest-Bérubé
florenceforestberube@gmail.com

 

Signons le Pacte pour la transition! Pouvoir citoyen en marche!

J’ai beaucoup de respect pour Lise Bissonnette. Elle est une grande intellectuelle et une très bonne analyste politique qui a donné beaucoup au Québec comme directrice du Devoir puis, de la Grande Bibliothèque. Mais, il peut lui arriver de déraper et de s’enfarger dans les fleurs du tapis. Sa sortie du lundi 12 novembre à l’émission Midi-Info à la radio de la SRC contre Dominic Champagne et le Pacte pour la transition était pitoyable et mesquine. En gros — et grossièrement —, elle disait voir dans cette action un geste mégalomane et unilatéral de Dominic Champagne, omettant de dire que 400 autres artistes et personnalités publiques — comme Hubert Reeves, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations, Janette Bertrand, Richard Desjardins, Normand Baillargeon et plusieurs scientifiques réputés ont co-signé le pacte. Son collègue Yves Boisvert a tenté de tempérer et de défendre — très tièdement — le pacte, se payant la tête du couple Cloutier-Morissette par la même occasion, mais c’était trop peu, trop tard. Du sous-Bissonnette! Et du sous-Radio-Canada. J’espère que Manon Globensky, qui remplaçait ce jour-là Michel C. Auger, a eu un peu honte après ce vaudeville.

Ça m’agresse pas mal les réactions de certaines personnes — comme Lise Bissonnette, mais d’autres moins réputées — qui n’aiment pas — ou sont déstabilisées par — le Pacte pour la transition. D’autres se font forts de se vanter de faire ceci et cela dans leur quotidien pour justifier leur désolidarisation et leur refus de signer le pacte. Ne le signez pas, restez sur vos positions, mais c*** nous patience avec vos scrupules et vos attaques mal dirigées. On est 178 500 à l’avoir signé et on peut continuer sans vous.

Ceci vociféré, j’ai toujours beaucoup de respect pour Lise Bissonnette. Elle a droit comme tout le monde d’être à côté de ses pompes une fois de temps en temps…

Alors que certains comme Lise Bissonnette — il n’est pas trop tard pour changer de position, chère madame — voient le Pacte pour la transition comme une action moralisatrice centrée sur un seul porteur, d’autres, comme Marc Cassivi, le voient comme un défi, qui lui rappelle le Refus global de 1947, dans une chronique parue le 11 novembre. « Si le Pacte était un examen, je n’aurais peut-être même pas la note de passage. Heureusement, le Pacte n’est pas une injonction. C’est un défi. Que l’on peut se lancer à soi-même, si tant est que l’on en ait envie. C’est un très petit pas pour l’homme et surtout pour l’humanité (…) »

Signons ce pacte et partageons-le le plus largement possible. 106 000 signatures ont été recueillies en un peu plus de 24 heures et nous en sommes plus de 180 000 à l’avoir fait après cinq jours. Quand les gouvernements constateront que nous sommes plusieurs centaines de milliers, voire un million de personnes à l’avoir signé, ils seront bien obligés de nous obéir et de prendre des mesures pour contrer le réchauffement climatique, pour respecter la planète et la vie.

Le pacte est une extraordinaire façon de faire valoir le véritable pouvoir citoyen. Et la mobilisation citoyenne d’envergure qu’il génère facilitera la tâche des juristes qui veulent déposer un recours collectif pour forcer les gouvernements du Québec et du Canada à adopter des mesures concrètes pour stopper, notamment, l’insensé et anti-environnemental projet du pipeline Trans Mountain du gouvernement Trudeau.

En marche, citoyennes et citoyens!

Dur lendemain d’élection, mais…

Dur lendemain d’élection! Le parti le moins engagé dans la protection de l’environnement forme un gouvernement majoritaire et est en place pour quatre ans. Là où c’est intéressant, c’est que ça appelle à une vigilance et à une mobilisation qui remettront l’engagement citoyen au premier plan. Des projets comme Énergie Est et les forages sur Anticosti ou, il y a plusieurs années, un projet de centrale thermique à Beauharnois et un autre de privatisation d’une partie du parc national du Mont Mégantic pour du développement immobilier ont été abandonnés en raison des fortes pressions citoyennes. Debout!

Québec solidaire a fait élire 10 députés dont quatre à l’extérieur de Montréal, c’est un grand pas. Malgré sa déconfiture, les neuf députés qui restent du parti Québécois sont toutes des personnes de grande valeur, qui ont le coeur et la tête à gauche. Il va falloir que ces deux partis se parlent. Ils partagent trop d’objectifs communs pour ne pas mettre fin à leurs chicanes stériles qui ne servent absolument pas le bien commun. Le poids de l’opposition ne semble pas lourd devant deux partis de droite qui forment le gouvernement et la première opposition. Mais avec un grand mouvement citoyen derrière, la CAQ et le PLQ n’ont qu’à bien se tenir.

 

Votons progressiste

Dans l’optique où un mouvement populaire se forme en faveur d’un vote progressiste (pour le parti Québécois, là où Québec solidaire n’a aucune chance d’être élu et pour Québec solidaire là où le PQ ne peut espérer la victoire), voici quelques circonscriptions électorales ou un vote progressiste pourrait avoir un résultat concret.

Bien sûr, une telle stratégie est, à court terme, plus avantageuse pour le PQ, qui pourrait faire élire plus de députés, que pour QS, mais cela pourrait tout de même permettre à ce parti de faire élire 8 à 9 députés — ils sont actuellement 3 — au lieu des 5 ou 6 que prévoient tous les sondages. Des comtés comme Jean-Lesage, dans la région de Québec et Maurice-Richard, dans Montréal-Est, pourraient être remportés par QS.

Il peut être difficile pour les sympathisants de QS de voter PQ, après les attaques subies la semaine dernière de la part de Jean-François Lisée, puis par le sinistre Gilles Duceppe, mais reconnaissons que QS ne s’est pas gêné pour attaquer le PQ dans les dernières années (droite, identitaire, raciste, etc). Rappelons-leur aussi que le chef Lisée n’est pas le PQ et que Duceppe est hors-circuit depuis longtemps et qu’il ne joue plus aucun rôle en politique québécoise.

La question cruciale que doivent se poser les militants QS est : Le Québec sera-t-il mieux servi par une opposition qui comporte 7, 8 ou 9 députés solidaires et 22 à 25 députés péquistes issus de deux partis souverainistes qui ont pris des engagements en faveur de l’environnement, de l’éducation, du salaire minimum à 15 $ ou par un plus grand nombre de députés caquistes et libéraux ou peut-être même, si la division du vote progressiste perdure ou s’accentue, par un gouvernement majoritaire dirigé par l’un ou l’autre de ces partis de droite?

Pour chaque candidat PQ ou QS élu, c’est un caquiste ou un libéral de moins au gouvernement!

Les statistiques qui suivent proviennent du site tooclosetocall.ca (beaucoup plus crédible, à mon avis, que Québec125.com)

Comtés que pourrait gagner le PQ si les sympathisants QS votent PQ

POINTE-AUX-TREMBLES (Jean-Martin Aussant, pour le PQ)
PQ : 32,8  CAQ : 30,6  QS : 20,1

SAINT-JÉRÔME (Pour la CAQ, Youri Chassin, « apôtre » de la droite économique)
CAQ : 40,5 PQ : 32,7  QS 13,1

JOLIETTE (Véronique Hivon, pour le PQ)
PQ : 45,9  CAQ : 37  QS : 18

VERCHÈRES
CAQ : 37,9  PQ : 35,5  QS : 12,5

TAILLON
CAQ : 32,6  PQ : 26,9 QS : 17,8

RICHELIEU
CAQ : 38,3  PQ : 28,8  QS : 14

BEAUHARNOIS
PQ : 33,5  CAQ : 31,4  QS : 12,3

JONQUIÈRE
CAQ : 34,2  PQ : 32,8  QS : 16,2

DUBUC
PLQ : 28,2  PQ : 25,7  QS : 15,9

BERTRAND
CAQ : 37,7  PQ : 28,8  QS : 19

ÎLES-DE-LA-MADELEINE
PLQ : 39,2  PQ : 32,6  QS : 17,9

Comtés supplémentaires (en plus de 6 ou 7 prévisibles) que pourrait gagner QS si les sympathisants PQ votent QS

JEAN-LESAGE (Sol Zanetti)
CAQ 30,3  QS : 25,7  PQ : 20,7  PLQ : 20,3

MAURICE-RICHARD
PLQ : 30,3  QS : 24,2  PQ : 24,5

En conclusion, je me permets de reproduire ici un texte du créateur, metteur en scène et activiste Dominic Champagne, qui exprime parfaitement comment bon nombre d’électeurs progressistes se sentent à deux jours de l’élection de 2018.

si j’étais dans gouin je voterais pour gabriel nadeau-dubois de qs !
si j’étais dans pointe aux trembles je voterais jean-martin aussant du pq
si j’étais dans taschereau je voterais catherine dorion de qs
si j’étais dans prévost je voterais paul st-pierre plamondon du pq
si j’étais dans jean-lesage je voterais sol zanetti de qs
si j’étais dans johnson je voterais jacques tétreault du pq
si j’étais dans hochelaga-maisonneuve je voterais alexandre leduc de qs
si j’étais dans st-hyacinte je voterais pour daniel breton du pq
si j’étais dans sainte-marie saint-jacques je voterais pour manon massé
si j’étais dans joliette je voterais pour véronique hivon du pq
si j’étais dans mercier je voterais pour ruba ghazal de qs
si j’étais dans rosemont, je voterais… pour marissal et pour lisée (juste pour leur faire sentir le prix de cette division)

je ne peux pas croire que les forces progressistes 
se divisent autant 
et n’arrivent pas à s’entendre sur un minimum décent
pour que ces femmes et ces hommes de bonne volonté 
qui ont à coeur la défense du bien commun 
puissent exercer le pouvoir entre notre nom
et qu’il y ait, ne serait-ce qu’une priorité accordée
à la transition écologique, à l’éducation et à la réforme du scrutin

il y a dans les programmes de qs et du pq suffisamment de consensus
pour un beau gros mandat

en lieu et place de l’aristocratie libérale 
qu’on risque maintenant de remplacer
par les parvenus de la CAQ qui n’ont aucune considération pour l’environnement…

tout ce chamaillage me désespère…
encore une fois à cette élection
je me sens orphelin d’une force politique 
représentative de nos aspirations
susceptible de former un gouvernement majoritaire

je serai dans la rue demain à manifester pour que la planète s’impose dans cette campagne, à m’indigner contre l’engeance qui ramènera les mercenaires au pouvoir
encore une fois…

je crains fort qu’il faudra malheureusement continuer de s’indigner

mais il faudra surtout nourrir notre capacité à nous rallier

à notre capacité d’indignation devra répondre 
notre capacité de rêver ensemble
pour nourrir l’idéal de ce monde 
dans lequel nous voulons vivre

sans quoi nous continuerons de nous enliser
héritiers d’une tranquillité sans révolution
dans le confort et l’indifférence

  • Dominic Champagne